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La gouvernance de SMTPC, un anti-modèle qui explique beaucoup de choses.

La gouvernance de SMTPC, un anti-modèle qui explique beaucoup de choses. À tel point que l’analyse de la gouvernance de SOCIETE MARSEILLAISE DU TUNNEL PRADO-CARENAGE fera l’objet de ce billet et de celui de la semaine prochaine.
 
On a vu dans les billets précédents comment une partie des profits de SMTPC ripait vers Prado Sud, filiale à 100% des actionnaires majoritaires VINCI et Eiffage ; et comment SMTPC a manipulé à la baisse son plan d’affaires pour justifier l’offre au rabais de ces derniers. Offre qui a échoué sans appel : seuls 2 % du capital sur les 34 % visés ont été apportés. 
 
SMTPC a un conseil d’administration de 9 membres, 3 pour Eiffage, 3 pour VINCI, 2 administratrices indépendantes, et un président non exécutif âgé de 74 ans.
 
La direction de SMTPC est assurée par un directeur général, cadre de VINCI avec lequel il garde son contrat de travail. Il préside aussi Prado Sud dont l’exploitation est assurée par SMTPC. Et il a d’autres activités au sein de VINCI non détaillées. À 25 ans de la retraite, il sait que la direction générale de SMTPC ne sera pas son dernier poste. D’ailleurs, son prédécesseur a été promu à la direction des concessions d’Eiffage. Dans ce nœud de conflits d’intérêts entre SMTPC et Prado Sud, le directeur général de SMTPC fait ce que son employeur attend de lui : agir d’abord dans l’intérêt de VINCI et d’Eiffage qui sont de concert, puis dans celui de SMTPC. Et objectivement, il le fait très bien.
 
La directrice de la communication de SMTPC a aussi un contrat de travail avec Eiffage, où elle est déléguée générale de la Fondation Eiffage. Inutile de compter sur elle pour que la communication de SMTPC rompe l’asymétrie d’information entretenue depuis des années par VINCI et Eiffage.
 
La première administratrice indépendante est aussi présidente du comité d’audit qui n’a jamais rien vu : ni les manipulations du plan d’affaires 2021 pour justifier la tentative d’expropriation, ni les ripages de profits au bénéfice des majoritaires, ni la sous-évaluation des résultats 2020 par amortissement anticipé des travaux de la bretelle Schlœsing qui n’ouvrira qu’en 2023.
Elle est bien connue de la communauté financière pour avoir été administratrice indépendante de Spir Communication. Elle a validé les termes du retrait de cote de cette société, initié par sa maison-mère Sofiouest, qui ont dû ensuite être revus à la hausse sous la pression des actionnaires minoritaires de Spir Communication. Et dès l’ouverture de l’offre de la seconde offre de retrait sur Spir Communication, elle est devenue administratrice de… Sofiouest. Tout travail mérite rémunération.
Elle a refusé à 3 reprises de rencontrer les minoritaires de SMTPC qui voulaient lui présenter leurs vues sur l’offre d’expropriation à 21,1€. Un administrateur indépendant compromet-il son indépendance en rencontrant les actionnaires dont il est plus spécialement chargé de défendre les intérêts ?
 
À dimanche matin prochain pour la seconde partie.